La foi, c'est croire en la réalisation, en l'émergence d'une voie qui n'existe pas encore, et dont le sentiment commun porte à croire qu'elle ne peut--être. Avoir foi en un
être, c'est lui donner la confiance totale et le pouvoir sur soi, quoi qu'il advienne. La force de la foi réside dans l'abandon plutôt que dans la masse de ce qui est cédé, concédé. Avoir la foi,
c'est ouvrir une fenêtre par laquelle s'engouffre une brise et une énergie infinie, si petite soi la foi que l'on porte, admis qu'elle est sincère, c'est à dire émanation claire du coeur.
La foi, c'est aussi fides, placer ses mains entre celles d'un suzerain, d'un seigneur, à qui l'on reconnaît toute puissance sur sa vie, sa mort, son existence
totale.
La foi est grisante et plus exaltante que la défiance, elle accroît l'esprit par son ouverture et son appel aux possibles, à l'imaginaire, aux voeux, cette inspiration que l'on
expire vers le monde, tandis que l'homme méfiant se replie dans la pénombre de sa cellule, pestant contre le soleil, les rais lumineux, eux, les radieux étendus sur son lit, ses murs et lui
rappellent le désert de sa vie.
N'a la foi qu'un vivant tourné vers l'instant à venir; revenant aux gisants dans leurs marbres, le passé et la mélancolie.
La Foi est joyeuse, elle est l'approbation à tous les dons de la vie, la compréhension raisonnée de la présence supérieure régissant l'âme du monde.
26 Février 2002